Nouvelles formes d'interactivité

   L'interactivité dans l'art est une proposition d'échange entre spectateur et oeuvre, une possibilité de participation, de modification, voire de création...  

   

Un concept ancien

Si l'interactivité par des procédés mécaniques existe dans la sculpture depuis la nuit des temps, des statues articulées de l'Egypte des Pharaons en passant par les automates de la Renaissance, c'est au XXème siècle qu'une conceptualisation de l'interactivité est apparue, essayant de placer le spectateur dans un rôle actif, un rôle créatif.

Le problème des interfaces

Entre l'oeuvre multimédia et le spectateur: l'interface, le mode opératoire de l'interaction. Appuyer sur des boutons, manipuler un joystick ou une souris, déplacer un objet dans un espace 3D, harnacher un dispositif, se déplacer ou se cantoner dans une zone particulière ne transforme pourtant pas un spectateur en créateur : qui ne s'est jamais rétrouvé frustré par la méthode, le parcours, le langage, proposés ou imposés par l'artiste ? Une création véritable suppose l'élaboration de ses propres outils, de ses propres méthodes, de son propre langage.

Nouvelle forme d'interactivité

Une nouvelle forme d'interaction est apparue à la fin des années 1960 où ont surgi les premières tentatives de capter des évènements du réel sans intervention volontaire du spectateur, pour modifier une oeuvre cinétique, sonore ou visuelle. Interaction directe entre la vie et l'oeuvre.

     

Ainsi la première sculpture cinétique avec capteurs électroniques de lumière et de niveau sonore, par Nicolas Schöffer en 1956, qui réagissait au cours d'un spectacle de danse en fonction des danseurs du corps de ballet de Maurice Béjart, de la programmation et des commandes à distance . Ainsi les recherches liées aux phénomènes optiques et au déplacement du spectateur de Soto. Ainsi les premières installations vidéo de temps réel de Nam June PaiK et de bien d'autres encore. Ainsi le "champ d'interaction" de Piotr Kowalski en 1989.

Interaction sensitive

La popularisation des ordinateurs individuels à la fin des années 1980 a fait émerger de nouvelles possibilités, de nouvelles envies, de nouveaux concepts. L'idée lancée par Schoffer de capter des évènement de la vie et du monde pour les transformer en temps réel à fait son chemin: l'art qui consistait à peindre ou sculpter une scène, un rêve ou un sentiment sur un support immobile, consiste désormais à dépeindre cette scène, ce rêve ou ce sentiment en continu, utilisant le son, l'image, le mouvement, le transport de ces informations à des milliers de kilomètres de l'endoit où elles ont été captées. L'oeuvre est devenu un espace sensible, sensitif, ouvert sur les phénomènes de la vie et du monde, et opérant une transcription simultanée de ces phénomènes dynamiques.

Nommé "interaction sensitive" par Jean-Noël Montagné en 1994, ce concept particulier d'interaction embrasse tous les champs et toutes les techniques actuelles de l'art, des plus anciennes aux plus récentes y incluant aussi pleinement le champ social et environnemental.

   
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