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Dix ans après la mort de Nicolas Schöffer en 1992, les artistes des arts électroniques et de l'interactivité découvrent la parenté de leur recherches avec celles de Nicolas Schoffer 45 ans plus tôt, notamment au travers de ses premières oeuvres cybernétiques comme CYSP 1 (1956), première sculpture autonome dotée de capteurs au monde, réagisant à la lumière et au son par des déplacements et par des mouvements de formes colorées. Cette sculpture fit sa première apparition sur scène au Théatre Sarah Bernhardt à Paris en 1956 sur une musique de Pierre Henry, puis quelques mois plus tard, avec le Ballet de Maurice Béjart sur le toit de la Cité Radieuse de Le Corbusier, au Festival d'Art d'Avant-Garde de Marseille. (ci-dessous)
A l'heure où les chorégraphes intègrent dans leur scénographie des dispositifs interactifs réagissant aux mouvements des danseurs, nous ne pouvons qu'admirer ce travail visionnaire de Nicolas Schöffer et nous interroger sur l'aveuglement des institutions culturelles qui n'ont pas encore compris l'importance de cette oeuvre: non seulement cette sculpture représente une étape fondamentale dans l'histoire de l'art, la transition du "programmé" vers le "temps réel" mais elle fait la synthèse de deux courants artistiques actuels liés aux technologies numériques: les oeuvres et installations robotisées qui possèdent des dispositifs interactifs leur permettant de se déplacer dans l'espace, ainsi que les oeuvres dotées de capteurs ou de systèmes d'analyse d'image par caméra qui réagissent à des variations de leur environnement par des transcriptions instantanées d'évènements particuliers.
Cette synthèse effectuée par Nicolas Schöffer en 1956 est la matrice des recherches actuelles qui visent à donner à l'oeuvre d'art des capacités de perception du monde, d'analyse et de réaction aux évènements du réel. Elle préfigure directement les oeuvres que nous voyons actuellement dans les plus grands festivals des arts électroniques et numériques. |
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Jean-Noël Montagné - www.artsens.org - juin 2002
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